BM 176-2 2018

Bulletin monumental n°176, tome 2 . Disponible en librairie :

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Bulletin monumental 176-2 : Sommaire

- Les projets pour la première église de La Madeleine à Paris (1753-1791), par Emmanuelle Bordure

- Notre-Dame de Sheshan à Shanghai, basilique de pèlerinage des Jésuites français en Chine, 1867-1935, par Thomas Coomans

Actualité

Eure-et-Loire. Nogent-le-Rotrou. La maison dite « des Templiers » (XIIIe siècle) [Hadrien Rozier]

Vienne. Saint-Savin-sur-Gartempe. Le décor peint de la chapelle axiale (XIe-XIIe siècle) [Claire Boisseau]

Chronique

Architecture et sculpture. VIIe-XVe siècle. Données et hypothèses neuves sur Notre-Dame de Livry (Calvados) [Élise Baillieul]. — Familles d’architectes et organisation des chantiers religieux en Suisse et Europe centrale (Thomas Flum). — Dynamisme de la construction religieuse au XVIe siècle au sud de l’Aisne (Dominique Hervier). — Découverte de sculptures du début du XVIe siècle à Orchies (Nord) [Dominique Hervier]

Iconographie. XIe-XVe siècle. Une approche liturgique du portail de Beaulieu (Yves Christe). — Le décor peint d’une résidence urbaine à Strasbourg (Pierre Garrigou Grandchamp). — Tapisserie et saline en Franche-Comté (Judith Förstel). — Le dessin d’architecture en majesté (Étienne Faisant)

Le bois : gros œuvre et décor. XVIe-XVIIIe siècle. L’art et la science du bois (Philippe Bernardi). — Le métier de menuisier dans le Morbihan au XVIIe siècle (Dominique Hervier). — Poutres et solives peintes (Dominique Hervier). — Pour une histoire des potagers (Jacques Moulin)

Théâtre privé. XXe siècle. Protéger et faire connaître : un théâtre dans un pensionnat (Nantes, Loire-Atlantique) [Alain Delaval]

Bibliographie

La Sainte-Chapelle. Meredith Cohen, The Sainte-Chapelle and the Construction of Sacral Monarchy. Royal Architecture in Thirteenth-Century Paris (Yves Gallet)

Architecture urbaine médiévale. Stanley Jones, Christopher Johnson, Steep, Strait and High. Ancient Houses in Central Lincoln (Pierre Garrigou Grandchamp). — Roger H. Leech, The Town Houses in Medieval and Early Modern Bristol (Pierre Garrigou Grandchamp)

Architecture du XVIIe siècle. Alexandre Cojannot et Alexandre Gady, Dessiner pour bâtir, le métier d’architecte au XVIIe siècle (Claude Mignot). — Jean Rivet, Choisy-le-Roi. Le château de la Grande Mademoiselle (Anaïs Bornet)

Iconographie. Michel Pastoureau et Olga Vassilieva-Codognet (éd.), Des signes dans l’image. Usages et fonctions de l’attribut dans l’iconographie médiévale (du Concile de Nicée au Concile de Trente) [Audrey Ségard]

Décor intérieur. Thierry Crépin-Leblond, Aurélie Gerbier, Pauline Madinier-Duée (dir.), Masséot Abaquesne : l’éclat de la faïence à la Renaissance (Françoise Barbe). — Bruno Togni avec la collab. de Christel Guillot et Jean-Jacques Roman, Vantaux de porte à panneaux du XIVe au XIXe siècle (Erwann Le Franc)

Enluminure. Azzurra Elena Andriolo et Suzanne Reynolds, Illuminated manuscripts and incunabula in Cambridge. A Catalogue of Western Book Illumination in the Fitzwilliam Museum and the Cambridge Colleges. Part Five : Illuminated Incunabula, vol. I, Books Printed in Italy (Christian Heck)

Résumés analytiques

Les projets pour la première église de La Madeleine à Paris (1753-1791), par Emmanuelle Bordure

Imaginées et construites simultanément, l’église Sainte-Geneviève de Soufflot et la Madeleine de Contant d’Ivry sont toutes deux considérées comme des édifices-clés du renouveau de l’architecture religieuse en France autour de 1760. À l’instar de la conception de Sainte-Geneviève, celle de la Madeleine a été pensée sans discontinuer jusqu’en 1791, date à laquelle le chantier est définitivement fermé. Si la première, transformée en temple républicain, nous est parvenue, la seconde en revanche n’a jamais pu être achevée et les parties élevées ont été démolies. Face à une Sainte-Geneviève bien réelle, l’église perdue de la rue Royale reste mal connue et son historiographie est parasitée par d’anciennes et nombreuses inexactitudes. Une relecture de l’histoire de la Madeleine à la lumière de nouvelles sources s’imposait, afin de pouvoir analyser, sur des bases solides, la succession et l’évolution des projets depuis sa création. Les documents iconographiques s’y rattachant donnent à cette église jamais achevée une consistance de papier illustrant parfaitement l’évolution des mécanismes esthétiques, techniques et politico-religieux qui ont bousculé l’architecture religieuse dans la seconde moitié du XVIIIe siècle en France.

Notre-Dame de Sheshan à Shanghai, basilique de pèlerinage des Jésuites français en Chine, 1867-1935, par Thomas Coomans

À 35 km au sud-ouest de Shanghai, une colline d’une centaine de mètres de hauteur se dresse au milieu de la grande plaine du delta du Yang-Tseu-Kiang. La colline de Sheshan (Zô-cè en Shanghaïen), lieu entre ciel et terre, attira des moines bouddhistes depuis le xie siècle. Les Jésuites français, dont Shanghai était le fleuron de leur mission en Chine, prirent possession de la colline en 1863 et y développèrent un pèlerinage marial. L’article retrace comment, en un demi-siècle, un pèlerinage local devint le plus grand sanctuaire marial de Chine : à la chapelle érigée au sommet de la colline en 1867 se substitua dès 1871-1873 une église de style néoclassique, elle-même remplacée par la grande basilique actuelle érigée de 1924 à 1935 d’après les plans du père Alphonse De Moerloose, architecte-missionnaire néogothique belge. Chaque étape est placée dans son contexte historique local, national – Shanghai étant le centre de l’église catholique en Chine dans les années 1860-1950 – et international. L’article s’interroge aussi sur la perception de ce sanctuaire chrétien occidental par les Chinois. Pourquoi les Jésuites optèrent-ils dans les années 1920 pour un style architectural européen, au moment où le Saint-Siège lançait sa nouvelle politique d’inculturation au synode de Shanghai et promouvait un style architectural « sino-chrétien » ?

English Summaries

The projects for the first church of La Madeleine in Paris (1753-1791), by Emmanuelle Bordure

Conceived and constructed simultaneously, the churches of Sainte-Geneviève by Soufflot and La Madeleine by Contant d’Ivry are both considered to be key works in the renewal of religious architecture in France around 1760. Like Sainte-Geneviève, La Madeleine was thought out over time until 1791, when the worksite was closed down. The former has come down to us transformed into a republican temple, whereas the latter was never finished and the rising walls were demolished. While the former exists, the lost church on the rue Royale remains little known and its historiography is full of a number of ancient errors. By rereading its history in the light of new sources, we can analyze on more solid grounds the stages and evolution of the projects since its creation. Iconographic documents give this never-completed church a ‘paper existence’, illustrating the evolution of esthetic, technical, and politico-religious mechanisms that buffeted religious architecture in the second half of the 17th century.

Notre-Dame de Sheshan in Shanghai, the pilgrimage basilica of the French Jesuits in China, 1867-1935, by Thomas Coomans

Thirty-five kilometers south-west of Shanghai, a hill rises one hundred meters in the midst of the great plain on the delta of the Yang-Tseu-Kiang. The hill of Sheshan (Zô-cè in Shanghai dialect), a place between heaven and earth, attracted Buddhist monks since the 11th century. The French Jesuits, whose Chinese mission was based in Shanghai, took possession of the hill in 1863 and developed it into a Marian pilgrimage site. The article traces how, over a half century, the local pilgrimage became the greatest Marian sanctuary in China. The chapel constructed at the summit in 1867 was replace in 1871-1873 by a neo-classic church, itself replaced by the present large basilica, erected between 1924 and 1935, using the architectural plans of Alphonse De Moerloose, the Belgian neo-gothic missionary architect. Each stage of development is placed within its local and national historical context, Shanghai being the center for the Catholic Church in China during the years 1860-1950, as well as the international framework. The article also treats how the Chinese viewed the occidental Christian sanctuary. Why did the Jesuits opt for a European architectural style in the 1920s, when the Holy See was launching its new inculturation policy at the Shanghai synod of 1924 and promoting a Sino-Christian architectural style ?

Deutsche Zusammenfassung

Das Bauprojekt der ersten Madeleine-Kirche in Paris (1753-1791), von Emmanuelle Bordure

Die Kirche Sainte-Geneviève von Soufflot und die Madeleine-Kirche von Contant d’Ivry wurden zur gleichen Zeit entworfen und erbaut. Beide gelten als Schlüsselbauten der neuen Kirchenbaukunst in Frankreich um 1760. Ebenso wie für Sainte-Geneviève wurde am Entwurf der Madeleine-Kirche ohne Unterbrechung bis 1791 gearbeitet, als die Baustelle endgültig aufgegeben wurde. Während die erste uns als Tempel der Republik erhalten ist, konnte die zweite nie vollendet werden und die schon stehenden Teile wurden abgerissen. Im Gegensatz zu Sainte-Geneviève ist die Geschichte der verlorengegangenen Kirche der Rue Royale weitgehend unbekannt und von zahlreichen alten Irrtümern verunstaltet. Deshalb ist eine von gerade entdeckten Quellen beleuchtete Neubewertung der Geschichte der Madeleine-Kirche dringend geboten, um auf einer soliden Grundlage die Entwicklung des Projektes von Anfang an analysieren zu können. Bilddokumente verleihen der niemals vollendeten Kirche einen Bestand auf dem Papier, der die Entwicklung der ästhetischen, technischen und politisch-religiösen Mechanismen mustergültig beleuchtet, die in der zweiten Hälfte des 18. Jh. in Frankreich die Kirchenbaukunst durcheinandergebracht haben.

Die Basilika Unserer Lieben Frau von Sheshan bei Schanghai, eine Wallfahrtskirche der französischen Jesuiten in China, 1867-1935, von Thomas Coomans

Mitten in der großen Ebene des Jangtsekiangdeltas, 35 km südwestlich von Schanghai, erhebt sich ein etwa 100 m hoher Hügel. Der Sheshan-Hügel (Zô-cè auf Schanghaichinesisch), zwischen Himmel und Erde, hatte seit dem 11. Jh. buddhistische Mönche angezogen. Die französischen Jesuiten, die Schanghai als das Glanzstück ihrer Chinamission betrachteten, nahmen den Hügel 1863 in Besitz und gründeten eine Marienwallfahrt. Der vorliegende Beitrag verdeutlicht, wie sich im Verlauf eines halben Jahrhunderts eine lokale Wallfahrt zum größten Marienheiligtum Chinas entwickelte : anstelle einer 1867 auf dem Höhepunkt des Hügels errichteten Kapelle entstand ab 1871-1872 eine neoklassizistische Kirche, die ihrerseits von der heute bestehenden großen Basilika abgelöst wurde, die nach den Plänen des belgischen Missionsarchitekten Pater Alphonse De Moerlose von 1924 bis 1935 im neugotischen Stil gebaut wurde. Der Artikel stellt jede Entwicklungsphase in ihren historischen Zusammenhang, und dies auf lokaler, nationaler (Schanghai war in den Jahren 1860-1950 das Zentrum der katholischen Kirche in China) und internationaler Ebene. Auch die Wahrnehmung des Heiligtums des westlichen Christentums durch die Chinesen wird hinterfragt. Warum wählten die Jesuiten in den 1920er Jahren einen europäischen Baustil, während der Heilige Stuhl auf der Synode von Schanghai eine neue Politik der Inkulturation proklamierte und einen „sino-christlichen“ Stil propagierte ?

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