BM 175-2 2017

Bulletin monumental n°175, tome 2 . Disponible en librairie à partir de juin 2017 :
- L’autel d’or de la basilique Saint-Ambroise de Milan au IXe siècle : un programme anti-hérétique ?, par Ivan Foletti
- Le cloître disparu de Perrecy (Saône-et-Loire), par Jean-Bernard de Vaivre
- Portrait de la cathédrale de Chartres en lieu de pèlerinage. Essai de reconstitution, par Nicolas Balzamo
- Les jardins du Grand Trianon de Michel Le Bouteux à Richard Mique, par Jacques Moulin
- Et toujours l’actualité des régions ainsi que l’actualité de la recherche avec les rubriques Chronique et Bibliographie

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Bulletin monumental 175-2 : Sommaire

Articles

- L’autel d’or de la basilique Saint-Ambroise de Milan au IXe siècle : un programme anti-hérétique ?, par Ivan Foletti

- Le cloître disparu de Perrecy (Saône-et-Loire), par Jean-Bernard de Vaivre

- Portrait de la cathédrale de Chartres en lieu de pèlerinage. Essai de reconstitution, par Nicolas Balzamo

- Les jardins du Grand Trianon de Michel Le Bouteux à Richard Mique, par Jacques Moulin

Mélanges

La cathédrale d’Angoulême et le schisme de 1130-1138. Le déchiffrement des caractères cryptographiques, par Giorgio Milanesi

Actualité

Haute-Garonne. Toulouse. Deux chapiteaux du cloître de Saint-Sernin découverts en 2015 (Quitterie Cazes)

Indre-et-Loire. Loches. Poursuite des fouilles dans la cité royale, à l’emplacement du palais des comtes d’Anjou (XIe-XIIe siècle) [Pierre Papin]

Maine-et-Loire. Brissac. Le coffre d’escarpe du château (Nicolas Asseray)

Chronique

Hagiographie. La fabrique des saints poitevins (vie-xiie siècle) : Hilaire et Maixent (Nicolas Balzamo)

Architecture religieuse et décor sculpté. XIe-XVe siècle. Le « premier âge roman » en Gironde : une chronologie spécifique ? (Pierre Martin). — Décor de rinceaux dans les églises romanes du Bordelais et de la Gascogne (Évelyne Proust). — Le décor sculpté des églises gothiques mosanes, étude archéologique (Élise Baillieul). — Mozac. Nouvelles considérations sur la reconstruction de l’abbatiale au xve siècle (Denis Hayot)

Architecture religieuse. XVIIe-XVIIIe siècle. Restaurations et reconstructions paroissiales dans le Morbihan d’après les archives (Françoise Hamon)

Architecture néo-classique. Pierre Valentin Boudhors, initiateur du néo-classicisme à Strasbourg (Brigitte Parent)

Décor architectural et vitrail. XVe-XVIe siècle. Plafonds peints suisses de la fin du Moyen Âge (Liliane Châtelet-Lange). — Les vitraux de la collégiale de Moulins à propos d’une restauration (Albert Châtelet)

Paris. Le pont parisien de Charles Le Chauve (Catherine Brut)

Histoire du goût et muséographie. Pour en finir avec Lenoir (Françoise Hamon)

Bibliographie

Histoire de l’art. Philippe Araguas (éd.), Jean-Auguste Brutails (Françoise Bercé). — Sabine Frommel, Michel Hochmann et Philippe Sénéchal (éd.), André Chastel. Méthodes et combats d’un historien de l’art (Françoise Hamon)

Art flamboyant. Florian Meunier, Martin et Pierre Chambiges, architectes des cathédrales flamboyantes (Pierre Sesmat). — Étienne Hamon, Dominique Paris-Poulain et Julie Aycard (dir.), La Picardie flamboyante. Arts et reconstruction entre 1450 et 1550 (Étienne Faisant)

Architecture religieuse. Christina Maranci, Vigilant Powers : Three Churches of Early Medieval Armenia (Patrick Donabedian). — Stéphane Haugommard, Les églises du diocèse de Nantes au XIXe siècle. Des édifices pour le culte, des monuments pour une reconquête (Françoise Hamon)

Architecture civile. Emmanuelle Brugerolles (dir.), Hôtels particuliers à Paris (Yvon Plouzennec). — Christian Hottin, Les Sorbonne. Figures de l’architecture universitaire à Paris (Françoise Hamon). — Laurent Baridon, Jean-Philippe Garric, Gilbert Richaud (éd.), Les leçons de la terre. François Cointereaux (1740-1830), professeur d’architecture rurale (Françoise Hamon)

Castellologie. Hervé Mouillebouche et Yves Nouvellet, (éd.), Chastels et maisons-fortes, 5 (Denis Hayot). — Annick Clavier (dir.), Perceval en montagne. Le châtel de Theys (Denis Hayot). — Valentin Chevassu et Michel Desvignes, (dir.), Le château et la seigneurie de Vautheau, en Autunois. Histoire, architecture et archéologie (Denis Hayot). — Dominique Allios (dir.), Murol, la forteresse muette (Denis Hayot)

Patrimoine. Chantal Liaroutzos (dir.), Que faire avec les ruines ? Poétique et politique des vestiges (Françoise Hamon). — Rénover, réutiliser, reconvertir le patrimoine et Le Camp retranché de Paris (Françoise Hamon)

Histoire des villes. Christian Davy et Nicolas Foisneau, Sainte-Suzanne. Un territoire remarquable en Mayenne (Aurélie Reinbold)

Vitrail. Michel Hérold et Véronique David (dir.), Vitrail, Ve-XXIe siècle (Isabelle Lecocq). — Daniel Parello, Die mittelalterlichen Glasmalereien in Regensburg und der Oberpfalz ohne Regensburger Dom (Brigitte Kurmann-Schwarz). — Yves-Jean Riou, Louis Mazetier (1888-1952) [Benoît Manauté]

Enluminures. Jeffrey F. Hamburger et Christoph Mackert, (hrsg), 10 Stationen zur mitteleuropäischen Buchmalerei des 15. Jahrhunderts (Christian Heck)

Iconographie. Florent Pouvreau, Du poil et de la bête. Iconographie du corps sauvage en Occident à la fin du Moyen Âge (XIIIe-XVIe siècle) [Cécile Bulté]

Livres reçus. Régis Thomas, Martin de Framond, Bernard Galland (dir.), Églises de Haute-Loire . — Éve Duperray (dir.), « Relier la Terre au Ciel ». Méditations et codes de lecture du patrimoine mobilier religieux en Vaucluse

Résumés analytiques

L’autel d’or de la basilique Saint-Ambroise de Milan au IXe siècle : un programme anti-hérétique ?, par Ivan Foletti

L’autel d’or de la basilique de Saint-Ambroise à Milan, voulu par l’archevêque Angilbert II (824-859), est considéré comme l’un des plus importants monuments du culte de saint Ambroise dans la ville. Sur les scènes de l’autel, la biographie du saint est en effet mise en relation avec celle du Christ lui-même. Le choix narratif de la Vita ambrosienne semble cependant plus complexe : pour un spectateur instruit, cette dernière est en effet sensiblement abrégée. Toute allusion aux nombreux conflits qui opposaient l’évêque milanais à l’empereur y est absente, et surtout, on n’y trouve aucune mention de ses découvertes miraculeuses de reliques de martyrs. Si le premier choix s’explique aisément en considérant la politique de ces années, Angilbert II n’ayant aucun intérêt à relativiser le pouvoir impérial, le fait de passer sous silence la découverte des reliques milanaises est difficile à comprendre. Certes, le culte de Gervais et Protais n’est plus à son apogée, mais ils se trouvent tout de même dans l’autel, aux côtés d’Ambroise. Pour expliquer ce choix surprenant, la seule solution envisageable se trouve dans la décision de privilégier un autre aspect de la biographie du saint. Il pourrait s’agir de la lutte contre les hérétiques, un autre aspect central de la vie du saint. Cette dimension n’est pas visible au premier abord, mais une série d’allusions raffinées, destinées aux élites, qui seules pouvaient accéder au dos de l’autel, en font cependant le métadiscours crucial de cette partie des décorations. Comme aucune présence hérétique n’est attestée en Lombardie à cette période, ce choix pourrait sembler étrange. En considérant cependant la manière dont la propagande pontificale décrivait les Lombards comme un groupe ethnique au christianisme douteux, c’est de toute évidence à eux que le message subtil est destiné. Par ailleurs, Ambroise est un saint qui n’avait guère été apprécié par ces derniers. Sa célébration devait donc être considérée également comme un affront aux vaincus, transformant de facto l’autel en un véritable objet d’exclusion ethnique.

Le cloître disparu de Perrecy (Saône-et-Loire), par Jean-Bernard de Vaivre

Postérieurement à la construction de l’église du prieuré de Perrecy, dont les bâtiments furent édifiés au début du XIe siècle, des adjonctions s’y poursuivirent longtemps. Si la disparition des sources anciennes a longtemps occulté les conditions de reconstruction du chœur gothique, un article du Bulletin monumental, t. 141-IV (1983,) en a rendu la paternité au prieur Antoine Geoffroy, dont la carrière avait alors été retracée. Il s’était distingué sur plusieurs sites par son activité de bâtisseur, mais n’avait pas achevé son œuvre à Perrecy, où il avait envisagé d’y construire un cloître, mais ne le réalisa. Ce cloître fut construit plus tard, au midi de la nef de l’église. Dès la fin de l’Ancien régime, à la suite de querelles dans l›établissement, le prieuré fut supprimé en 1776, les biens religieux transférés, les bâtiments conventuels dépecés et le cloître disparut. Seuls des culots de voûte subsistent. L’un des écus qui y fut sculpté a permis d’attribuer la construction de ce cloître à Guillaume Cajot, protonotaire du Saint-Siège, abbé de Saint-Aphrodise et prieur de Perrecy, appartenant à la famille des sires de Burnand en Maconnais, un texte de 1543 autorisant par ailleurs à en préciser la date.

Portrait de la cathédrale de Chartres en lieu de pèlerinage. Essai de reconstitution, par Nicolas Balzamo

Non seulement la cathédrale de Chartres a subi un certain nombre de transformations architecturales depuis la fin du Moyen Âge, mais le regard porté sur elle a considérablement changé, la perspective dévotionnelle cédant la place à des préoccupations d’ordre esthétique. Pour le pèlerin des xvie et xviie siècles, la visite de l’édifice était synonyme de pérégrination à travers les différents micro-sanctuaires qu’il abritait. Deux d’entre eux avaient une importance particulière. Dans l’église haute, le chœur abritait une célèbre relique – la chemise de la Vierge – qui avait fait de Chartres un sanctuaire renommé et dont le spectaculaire contenant, la « sainte châsse », focalisait l’attention des pèlerins. De son côté, la crypte constituait un véritable musée des origines de la cathédrale, offrant au visiteur les preuves archéologiques de son histoire légendaire. Il pouvait y contempler le caveau où avaient été enfermés les évangélisateurs du pays chartrain, le puits où avaient été précipités leurs premiers disciples, et surtout une statue de la Vierge qu’une tradition, née au XIVe siècle, créditait d’une origine préchrétienne, faisant ainsi de Chartres le plus ancien de tous les sanctuaires mariaux. Ces différents aménagements étaient l’œuvre du chapitre cathédral : fiers du lieu sacré dont ils avaient la charge, les chanoines s’étaient appliqués à en rendre visible le caractère exceptionnel.

Les jardins du Grand Trianon de Michel Le Bouteux à Richard Mique, par Jacques Moulin

Les jardins du Grand Trianon sont usuellement attribués à André Le Nôtre. Ils ont également la réputation d’avoir été transmis jusqu’à nous de manière appauvrie, mais sans que leur organisation du xviie siècle ait été réellement modifiée. Une approche plus documentée impose de revenir sur cette image. Tout d’abord, c’est Michel Le Bouteux qui créa les jardins en 1670 et les étendit jusqu’en 1682. C’est lui qui leur donna leur structure principale et leur exceptionnelle richesse botanique. Le Nôtre lui succéda de 1687 à 1683, lorsque le Trianon de marbre remplaça le Trianon de porcelaine, mais son œuvre fut restreinte. Elle se limita à la création du jardin du roi et des espaces bordant l’aile de Trianon-sous-Bois, à un nouveau dessin des parterres et à l’adjonction d’une allée d’eau autour du Plafond. Par la suite, c’est à Jules Hardouin-Mansart que Louis XIV s’adressa pour le jardin des Marronniers et le parc de promenade, ainsi que pour refaire les parterres, le bassin du Plafond et le buffet d’eau. C’est également lui qui introduisit les premières salles de verdures entourées d’arbres géométriquement taillées, qui peupla les bassins de fontaines ouvragées et introduisit les premiers groupes sculptés dans les jardins. Son œuvre dans les jardins de Trianon fut donc considérable. Enfin, l’exploitation de documents longtemps négligés a permis de découvrir que tout le jardin fut retracé sous la direction de Richard Mique en 1776, parallèlement à la replantation du parc de Versailles. À cette occasion, les espaces centraux furent amplifiés par des quinconces, un deuxième axe nord-sud vint équilibrer l’axe originel est-ouest, le décor sculpté fut recomposé et toutes les plantations furent refaites, avec de nouvelles essences. Le plan du jardin ayant peu changé par la suite, c’est donc une œuvre de Mique que l’on admire aujourd’hui au Grand Trianon, beaucoup plus qu’une œuvre de Le Nôtre.

English Summaries

The ninth-century golden altar in San Ambrogio in Milan : an anti-heretical program ?, by Ivan Foletti

The golden altar in the basilica of San Ambrogio in Milan, made at the behest of Archbishop Angilbert II (824-859), is considered to be one of the most important monuments of the cult of Saint Ambrose in the city. The scenes on the altar place the biography of the saint in relation to the life of Christ. The narrative choice of the Vita of Ambrose seems, however, more complex : for the informed spectator, his life is noticeably abridged. Any allusion to the many conflicts between the Milanese bishop and the emperor is absent ; moreover, there is no mention of his miraculous discovery of the relics of martyrs. If the first omission is understandable considering the politics of the time, Angilbert II having no interest in side-lining imperial power, silence concerning the discovery of the Milanese relics is difficult to understand. Although the cult of Gervase and Protase is no longer at its apogee, they are nonetheless on the altar, next to Ambrose. To explain this surprising choice, the only conceivable solution lies in the decision to favor another aspect of the biography of the saint. It may have to do with the struggle against heresy, another important facet of the saint’s life. This dimension is not immediately visible, but a series of refined allusions, intended for the elite who were the only ones who had access to the reverse side of the altar, constitute a meta-discourse crucial to that part of the decoration. As there is not attested presence of heretics in Lombardy at that time, this choice may appear strange. Considering, however, the manner in which papal propaganda described the Lombards as an ethnic group of dubious Christianity, it is evidently to them that the subtle message is being addressed. Furthermore, Ambrose is a saint who had scarcely been appreciated by the Lombards. His celebration should thus be considered equally as an affront to the vanquished, transforming the altar de facto into a veritable object of ethnic exclusion.

The vanished cloister of Perrecy (Saône-et-Loire), by Jean-Bernard de Vaivre

After the construction of the priory church of Perrecy and attendant buildings, built at the beginning of the 11th century, additions continued long after. If the disappearance of ancient sources has obscured the conditions of the reconstruction of the Gothic choir, an article in the Bulletin monumental, t. 141-IV (1983), ascribed its paternity to the prior Antoine Geoffroy, whose career was then outlined. He was known as an important builder of many sites, but never finished his work on Perrecy, where he had intended to construct a cloister, which was never brought to fruition. The cloister was built later, south of the nave of the church. At the end of the Ancien régime, in the wake of altercations within the establishment, the priory was suppressed in 1776, the belongings of the brothers transferred, the conventual buildings stripped to pieces, and the cloister disappeared. Only the springers of the vault remain. One of the sculpted shields on the springers allows the attribution of the construction of the cloister to Guillaume Cajot, protonotary of the Holy See, abbot of Saint-Aphrodise and prior of Perrecy, who came from the family of the lords of Burnand in the Maconnais. The precise date of the cloister is given by a text of 1543.

Portrait of Chartres Cathedral as a place of pilgrimage. A reconstruction, by Nicolas Balzamo

Not only has Chartres Cathedral undergone a number of architectural transformations since the Middle Ages, but perception of it has also changed considerably, its devotional attraction having given way to aesthetic preoccupations. For the pilgrim in the 15th and 16th centuries, a visit to the site was synonymous with a peregrination around the different micro-sanctuaries within its walls. Two of them have special importance. In the upper church, the choir sheltered the tunic of the Virgin, which made Chartres a famous sanctuary and whose spectacular reliquary, the “sainte châsse”, focused the attention of the pilgrims. The crypt, for its part, was a veritable museum of the origins of the cathedral, offering the visitor archaeological proofs of its legendary history. One could contemplate the vault where the evangelizers of region were imprisoned, the well into which their first disciples were thrown, and above all a statue of the Virgin which a 14th-century tradition credited with a pre-Christian origin, making Chartres the most ancient of all the Marian sanctuaries. The appointment of these different sites was the work of the canons of the cathedral chapter, who with pride for the sacred place in their charge, did their utmost to make visible its exceptional character.

The Gardens of the Grand Trianon from Michel Le Bouteux to Richard Mique, by Jacques Moulin

The gardens of the Grand Trianon are usually attributed to André Le Nôtre. They also have the reputation of having suffered over time, albeit preserving their 17th-century organization. A more documented approach obliges us to reassess this picture. First of all, it was Michel Le Bouteux who created the gardens in 1670 and continued to extend them until 1682. It is he who gave them their structure and exceptional botanical richness. Le Nôtre succeeded him from 1687 to 1693, when the marble Trianon replaced the porcelain Trianon, but his work was limited to creating the king’s garden and the spaces bordering the wing known as the Trianon-sous-Bois, to providing a new design for the flower beds, and adding a waterway around the Plafond. Louis XIV then engaged Jules Hardouin-Mansart for the Chestnut Garden and the promenade, as well as a renewal of the flower beds, the pool around the Plafond and great stepped cascade. He also introduced the verdant nature rooms surrounded by geometrically pruned trees, set up fountains in the basins, and installed the first sculptural groups in the gardens. His work on the Trianon gardens was thus considerable. Several neglected documents have revealed that the entire garden was redesigned under the direction of Richard Mique in 1776, along with the replanting of the park at Versailles. At that time, the central spaces were enlarged in quincuncial arrangement, a second north-south axis brought into balance the original east-west axis, the sculpted decoration was recomposed, and all the plantings were renewed with new species. As the plan of the garden changed very little thereafter, it is Mique’s conception that we admire today at the Grand Trianon, much more than that of Le Nôtre.

Deutsche Zusammenfassung

Der goldene Altar des 9. Jahrhunderts in der Basilika Sankt Ambrosius von Mailand : ein Programm gegen die Häresie ?, von Ivan Foletti

Der von Erzbischof Angilberto II. (824-859) gestiftete goldene Altar der Mailänder Basilika Sankt Ambrosius gilt als eine der bedeutendsten Verehrungsstätten des heiligen Ambrosius der Stadt. Der Altar zeigt Episoden aus dem Leben des Heiligen, die unmittelbar mit dem Leben Christi in Verbindung gebracht werden. Der Erzählgestus der Ambrosiusvita scheint jedoch komplexer zu sein : für einen gebildeten Betrachter ist letztere in der Tat stark gekürzt. Es gibt keinerlei Anspielungen auf die zahlreichen Konflikte zwischen dem Mailänder Bischof und dem Kaiser ; man sucht vergebens nach Hinweisen auf wunderbare Auffindungen von Märtyrerreliquien durch Angilberto. Mag Ersteres durch die politische Lage jener Jahre leicht zu erklären sein - Angilberto II. hatte keinerlei Interesse, die Macht des Kaisers zu relativieren – jedoch ist nur schwer zu verstehen, warum die Auffindungen der Mailänder Reliquien verschwiegen werden. Zwar hatte die Gervasius- und Protasiusverehrung ihren Höhepunkt schon überschritten, aber ihre Reliquien ruhen immerhin an der Seite des Ambrosius im selben Altar. Die einzig mögliche Erklärung dieser unerwarteten Wahl findet sich in der Entscheidung, einen anderen Aspekt der Heiligenvita herauszustellen. Es geht um den Kampf gegen die Häretiker, einen weiteren, wesentlichen Aspekt der Heiligenvita. Dies offenbart sich nicht auf den ersten Blick, aber eine Reihe geschickt inszenierter Anspielungen, ausschließlich an eine Elite gerichtet, die als einzige Besucher auch Zugang zur Rückseite des Altars hatten, bilden den entscheidenden Metadiskurs in diesem Bereich des Dekors. Da aber zu jener Zeit in der Lombardei keinerlei häretische Umtriebe bekannt sind, könnte diese Entscheidung befremden. Wenn man jedoch in Betracht zieht, dass in den Augen der päpstlichen Propaganda die Lombarden als eher zweifelhafte Christen galten, wird klar, dass die subtile Botschaft an Rom gerichtet war, zumal Ambrosius dort ein nur wenig geschätzter Heiliger war. Seine Verehrung muss also auch als eine Provokation den Besiegten gegenüber angesehen worden sein, indem sein Altar de facto in eine Stätte ethnischer Ausgrenzung umgewandelt worden war.

Der verschwundene Kreuzgang von Perrecy (Saône-et-Loire), von Jean-Bernard de Vaivre

Nach der Fertigstellung der Kirche des Priorats von Perrecy und der Anfang des 11. Jahrhunderts errichteten Klostergebäude wurde die Anlage in der Folge durch verschiedene Anbauten erweitert. Aufgrund des Fehlens älterer Quellen waren die Umstände der Errichtung des gotischen Chorneubaus lange unklar, aber in einem Beitrag des Bulletin monumental, t. 141-IV (1983) wurde er dem Prior Antoine Geoffroy zugeschrieben, dessen Karriere bei dieser Gelegenheit nachgezeichnet wurde. Er hatte sich an mehreren Orten als Baumeister hervorgetan, in Perrecy aber, wo er die Errichtung eines Kreuzganges beabsichtigte, der nie ausgeführt wurde, blieb sein Werk unvollendet. Der Kreuzgang wurde später auf der Südseite des Langhauses errichtet. Gegen Ende des Ancien Régime wurde das Priorat 1776 nach inneren Streitereien aufgelöst, die Besitzungen der Kleriker wurden verlagert, die Konventsgebäude aufgeteilt und der Kreuzgang zerstört. Nur Rippenkonsolen blieben erhalten. Eines der darauf befindlichen Wappen hat die Zuschreibung des Kreuzganges ermöglicht : sein Erbauer ist demnach Guillaume Cajot, päpstlicher Protonotar, Abt von Saint-Aphrodise und Prior von Perrecy. aus der Familie der Herren von Burnand, deren Stammsitz in der Region bei Macon lag ; darüber hinaus findet das Entstehungsdatum seine Bestätigung in einem Text des Jahres 1543.

Die Kathedrale von Chartres als Wallfahrtsort. Versuch einer Wiederherstellung, von Nicolas Balzamo

Die Kathedrale von Chartres wurde seit dem Mittelalter nicht nur architektonisch mehrfach verändert, auch die Sichtweise hat sich grundlegend gewandelt, da die Devotion, die ihr entgegengebracht wurde, ästhetischen Erwägungen gewichen ist. Für einen Pilger des 16. und 17. Jahrhunderts bedeutete der Besuch der Kathedrale eine Wallfahrt durch ihre verschiedenen mikroskopischen Einzelheiligtümer. Zwei von ihnen waren von besonderer Bedeutung. In der Oberkirche befand sich im Chor eine berühmte Reliquie, das Marienkleid, das Chartres zu einem allbekannten Wallfahrtsort gemacht hatte und dessen Aufsehen erregender „heiliger Schrein“ die Aufmerksamkeit der Pilger auf sich zog. Die Krypta war ein regelrechtes Museum, das dem Besucher die legendäre Geschichte der Ursprünge der Kathedrale archäologisch vorführte. Er konnte dort das Verließ betrachten, in dem die ersten Missionare der Region eingesperrt worden waren, sowie den Brunnen, in den deren erste Anhänger geworfen worden waren und vor allem eine Marienstatue, die nach einer im 14. Jahrhundert entstandenen Tradition frühchristlichen Ursprungs war. Somit war Chartres die älteste Marienwallfahrt. Verantwortlich für diese Einrichtungen war das Domkapitel. Die Domharren waren stolz auf die von ihnen betreute Stätte und hatten keine Mühe gescheut, um ihren außerordentlichen Rang zur Geltung zu bringen.

Die Geschichte der Gärten des Grand Trianon von den Anfängen mit Michel Le Bouteux bis zu Richard Mique, von Jacques Moulin

Gewöhnlich werden die Gärten des Grand Trianon André Le Nôtre zugeschrieben. Weiterhin heißt es, ihr heutiger Zustand sei nur noch ein ärmliches Abbild der ursprünglichen Anlage des 17. Jhs., die jedoch nicht wesentlich verändert worden sei. Dieses Klischee wird heute aufgrund einer reichhaltigeren Dokumentation revidiert. Am Anfang steht Michel Le Bouteux, der die Gärten 1670 schuf und bis 1682 erweiterte. Er war es, der sie strukturierte und ihnen ihre außergewöhnliche botanische Vielfalt verlieh. Sein Nachfolger war Le Nôtre, der von 1687 bis 1693 tätig war, als das Trianon de porcelaine durch das Trianon de marbre ersetzt wurde ; sein Werk beschränkte sich auf die Anlage des königlichen Gartens, des Uferbereichs des Trianon-sous-bois, einer neuen Parterre-Gestaltung sowie die eines Kanals um den Plafond. Später berief Ludwig XIV. Jules Hardouin-Mansart, der den Kastaniengarten und den Promenadenpark schuf. Er erneuerte zudem die Parterres, den Beckengrund und den Wandbrunnen. Er schuf auch als erster von geometrisch beschnittenen Bäumen umgebene Gartensäle, die er mit reich verzierten Brunnenbecken ausstattete und führte auch die ersten Figurengruppen ein. Sein Werk in den Gärten des Trianons war also beträchtlich. Endlich erbrachte das Studium lange vernachlässigter Dokumente die Einsicht, dass 1776 unter der Leitung von Richard Mique der Garten neu konzipiert wurde, dies zeitgleich mit der Neubepflanzung des Versailler Parks. Bei dieser Gelegenheit wurden die zentralen Räume durch schachbrettartig angelegte Baumgruppen erweitert ; eine zweite Nord-Süd-Achse schuf ein Gleichgewicht zur ursprünglichen Ost-West-Achse, die Figurenausstattung wurde neu konzipiert, die Bepflanzungen erneuert und durch neue Arten bereichert. Da in der Folge der Garten nur unwesentlich verändert wurde, so bewundern wir heute am Grand Trianon viel mehr das Werk von Mique als jenes von Le Nôtre.

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