BM 174-4 2016

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Bulletin monumental 174-4 : Sommaire

François-Charles James, par Bruno Chauffert-Yvart

Articles

-  La perpendicularité de la cathédrale de Bourges, enjeu de la perfection architecturale, par Andrew Tallon

- Les armatures de fer de la cathédrale de Bourges : nouvelles données, nouvelles lectures, par Maxime L’Héritier

-  Un écho de la sculpture du XVe siècle à la cathédrale de Tours : les moulages des voussures disparues, par Jean-Marie Guillouët

Mélanges

Le portail roman ‒ XIe-XIIe siècle. Nouvelles approches, nouvelles perspectives, par Christian Gensbeitel

Actualité

Eure-et-Loir. Guainville. Le Vieux-Château (Jean Mesqui)

Yonne. Vézelay. Une relecture archéologique de l’abbatiale romane (Stéphane Büttner)

Chronique

Architecture. Le « premier art roman » en Val d’Aran (Catalogne) [Christian Gensbeitel]. — Le dessin d’architecture médiéval en France, heurs et malheurs (Philippe Araguas). — À la cathédrale de Winchester, Thomas Bertie : du gothique à la Renaissance (Flaminia Bardati). — Charles Perrault et les processus créatifs (Guillaume Fonkenell). — Les grandes eaux de Louis XIV à Saint-Germain-en-Laye (Étienne Faisant). — Les fortifications du Caire, témoignages d’une histoire multiséculaire (Dominique Hervier)

Iconographie religieuse, emblématique civile. Les plaques émaillées d’Henri de Blois (Londres British Museum), nouvelles interprétations iconographiques (Marc Gil). — Toulouse : emblème et datation (Jean Guillaume)

Tapisserie. Autour de La Dame à la Licorne (Albert Châtelet)

Décor religieux. Belgique. À la poursuite de l’harmonie de style (Françoise Hamon)

Bibliographie

Saint Louis. Pierre-Yves Le Pogam (dir.), Saint Louis (Judith Förstel). — étienne Vacquet (dir.), Saint Louis et l’Anjou (Denis Hayot)

Architecture. Jacqueline Lorenz, François Blary et Jean-Pierre Gély (dir.), Construire la ville. Histoire urbaine de la pierre à bâtir (Pierre Garrigou Grandchamp). — Laurence Delobette et Paul Delsalle (dir.), Villages, maisons et châteaux du Moyen Âge et de la Renaissance en Franche-Comté. Comté et duché de Bourgogne, comté de Montbéliard, Jura Suisse (Principauté épiscopale de Bâle) [Bernard Ducouret]. — Jean Cabanot et Georges Pon, Une abbaye au cœur de la Gascogne, Saint-Sever (988-1791) [Laurence Cabrero-Ravel]. — Raphaël Tassin, La cathédrale de Saint-Dié-des-Vosges. Histoire, architecture et décor de l’ensemble cathédral (Emmanuelle Bordure). — Gilles Maury, (dir.), Le Baron Béthune à Roubaix. L’église Saint-Joseph et le couvent des Clarisses (Alice Thomine-Berrada). — Gilles Plum, Paris. Architectures de la Belle époque (Françoise Hamon)

Patrimoine funéraire. Dave Lüthi (dir.). Le Marbre et la poussière. Le patrimoine funéraire de la Suisse romande (XIVe-XVIIIe siècles). Vaud, Neuchâtel, Fribourg, Valais, Jura. vol. I - études. vol. II - Catalogues des monuments funéraires (Véronique Belle)

Résumés analytiques

La perpendicularité de la cathédrale de Bourges, enjeu de la perfection architecturale, par Andrew Tallon

Les bâtisseurs de la cathédrale de Bourges ne pouvaient pas savoir précisément ce qui allait se passer au moment du décintrage des voûtes. Ils ont misé sur le fait qu’il n’y aurait pas de défaillance structurelle grâce à une conception radicalement nouvelle, et la suite leur a donné raison. Les arcs-boutants à la pente si raide ; un système sophistiqué de tirants de fer ; une armature longitudinale sous forme d’une série d’arcs de décharge présents derrière les écrans du triforium du vaisseau principal ; une attention exceptionnelle accordée aux fondations dans la majeure partie du bâtiment : tout cela constitue une matrice structurelle tridimensionnelle hautement efficace.

Néanmoins, l’exploit technique, aussi brillant qu’il le soit, n’était qu’un moyen pour une fin. La cathédrale de Bourges est le fruit d’une vision sophistiquée et délicate, une vision de la perfection architecturale, exprimée en termes de perpendicularité ; une vision qui nécessita des moyens modernes et efficaces permettant de relever ce défi. Une scanographie laser entreprise à Bourges offre des signes tangibles du fait que les constructeurs de la cathédrale savaient précisément ce qu’il fallait faire pour maintenir cette vision et la porter à son sommet.

Les armatures de fer de la cathédrale de Bourges : nouvelles données, nouvelles lectures, par Maxime L’Héritier

La cathédrale Saint-Étienne de Bourges est le premier édifice majeur de la période gothique à avoir fait, au début des années 1990, l’objet d’une étude architecturale quant aux usages du fer dans sa construction, qui posait notamment les questions du rôle et de l’origine des armatures de fer identifiées dans la structure de l’édifice. La multiplication des travaux sur cette thématique au cours des années 2000 et le développement des méthodes archéométriques appliquées aux métaux permettent de jeter un regard nouveau sur ces questionnements. Cet article présente les résultats d’une campagne d’étude archéologique du bâti menée sur la cathédrale de Bourges en 2010-2011, couplée à l’analyse chimique de 70 prélèvements de fer et de 58 scellements de plomb. L’intégration des armatures dans la maçonnerie comme leur composition chimique révèlent que les tirants et chaînages installés au niveau du triforium de la cathédrale sont bien contemporains de son édification, mais que leur mise en œuvre n’était pas prévue dès l’origine du chantier : ils n’ont été implantés qu’en cours de construction, probablement comme consolidation de désordres observés dans l’édifice inachevé. Ces résultats permettent ainsi de replacer la cathédrale de Bourges comme un jalon dans l’histoire de l’usage du fer dans l’architecture gothique et de reconsidérer l’évolution du savoir-faire des bâtisseurs médiévaux quant à l’intégration progressive de ce matériau dans les maçonneries au début du XIIIe siècle, fruit d’une expérimentation constante.

Un écho de la sculpture du XVe siècle à la cathédrale de Tours : les moulages des voussures disparues, par Jean-Marie Guillouët

English Summaries

The perpendicularity of Bourges Cathedral and the goal of architectural perfection, by Andrew Tallon

The builders of the cathedral of Bourges could not have anticipated precisely what would happen when the vaults were decentered, when the stones and mortar were asked, for the first time, to support themselves. They wagered against catastrophic structural failure with a radically new system, and time has proven that their trust in their intuitions was well-placed. Steeply ramped flying buttresses ; a sophisticated system of iron ties ; a longitudinal armature of relieving arches hidden behind the triforium screens ; unusual attention given to foundation construction in the majority of the building : these are the constituent elements of a highly efficient, three-dimensional structural matrix.

Yet these techniques, brilliant though they be, were but a means to an end. The cathedral of Bourges is the fruit of a highly sophisticated and delicate aesthetic vision, a vision of architectural perfection expressed in terms of perpendicularity, which required commensurately modern and efficient means to prevail. A laser scan undertaken at Bourges supplies compelling evidence that the builders of the cathedral knew precisely what to do to maintain the strength of this vision.

The iron framework in Bourges Cathedral : new data, new readings, by Maxime L’héritier

The Cathedral Saint-Etienne in Bourges is the first major Gothic building to have been examined with regard to the use of iron in its construction. The study, made in the 1990s, posed questions about the role and origin of the iron armatures identified in the structure of the edifice. Increased research in this area in the intervening years and the development of archaeometric methods applied to metals have allowed us to cast new light on these questions. The present article publishes the results of an archaeological study of the construction of Bourges Cathedral undertaken in 2010-2011, in conjunction with the chemical analysis of 70 iron samples and 58 lead sealings. The integration of the armatures in the masonry, as well as their chemical composition, reveals that the truss rods and chains installed in the triforium are contemporary with the rising structure, but that their installation was not foreseen from the beginning. They were implanted only after construction was under way, probably in order to consolidate disorders observed in the unfinished structure. The results of this study make Bourges Cathedral a benchmark in the history of the use of iron in Gothic architecture and herald a reconsideration of the evolution of the know-how of medieval builders with regard to the progressive integration of this material in masonry in the early thirteenth century, the fruit of constant experimentation.

An echo of the 15th-century sculpture of Tours Cathedral : the casts of lost archivolts, by Jean-Marie Guillouët

The portals of the cathedral of Saint-Gatien in Tours, begun in the 1430s in order to close off the rayonnant nave, were considerably altered by vandalism at the Revolution and then over-restored in the nineteenth century, to the point that today it is deemed impossible to appreciate their original disposition with regard to the iconography and style of their sculpture. A systematic appraisal of the heavy restoration campaigns begun in 1842 and the epigraphic vestiges in the archivolts allows for a precise and relatively sure reconstruction of an iconographic programme worthy of the ambitions of the monument. Twelve figures in plaster, however, which have been previously overlooked in a cathedral repository known as the “chamber des métaux”, are of paramount interest. On close examination, they turn out to be casts of original sculptures from the portals before their replacement made by Gustave Guérin. Although revealed through the filter of a copy, the archivolt sculptures of Saint-Gatien are partially brought back to life and should be seen in relation with contemporary work at Nantes. In the fifteenth century these two buildings constitute two major poles in an artistically and culturally coherent space, which is based in the royal domain and on its outskirts and will become the fulcrum of an art received as specifically French in the opening decades of the following century.

Deutsche Zusammenfassung

Die Perpendikularität der Kathedrale von Bourges, unabdingbare Voraussetzung für eine perfekte Architektur, von Andrew Tallon

Die Erbauer der Kathedrale von Bourges konnten nicht mit letzter Sicherheit wissen, was nach dem Entfernen der Lehrgerüste passieren würde. Sie befürchteten jedoch keine strukturellen Schäden, weil sie auf eine grundlegend neue Konzeption vertrauten und sie behielten Recht. Steile Strebebögen, ein ausgeklügeltes System von eisernen Zugankern, eine seitliche Verstärkung bestehend aus einer Reihe von in der Rückwand des Langhaustriforiums verborgenen Entlastungsbögen, und eine außergewöhnliche Sorgfalt bei der Fundamentierung des Baues : dies alles bildete eine äußerst effiziente dreidimensionale strukturelle Grundlage.

Dessen ungeachtet war diese technische Glanzleistung, so bewundernswert sie auch sein mochte, eigentlich nur Mittel zum Zweck. Die Kathedrale von Bourges ist das Ergebnis einer komplexen und anspruchsvollen Vision, der Vision einer vollkommenen Architektur, deren Ausdruck Perpendikularität ist ; eine Vision, deren Voraussetzung der Einsatz von modernen und effizienten Mitteln war, mit deren Hilfe die Herausforderung gemeistert werden konnte. Ein in Bourges eingesetzter Laser-Scan zeigt anschaulich, dass die Erbauer der Kathedrale genau wussten, was zu tun war, um diese Vision zu bewahren und sie zu sublimieren.

Wieder im Fokus : Ringanker in der Kathedrale von Bourges. Die erstmalige Verwendung von Eisen in der gotischen Architektur auf dem Prüfstand der Archäologie und der Archäometrie, von Maxime L‘Héritier

Anfang der 90er Jahre wurde die Kathedrale St. Etienne von Bourges als erster emblematischer gotischer Bau auf die Verwendung von Eisen in ihrer Konstruktion untersucht. Dabei ging es insbesondere um die Frage nach Funktion und Ursprung des in der Struktur des Baues identifizierten Ringankers. In den 2000er Jahren erschienen zahlreiche Studien zum Thema und aufgrund der Fortentwicklung der auf Metalle angewendeten archäometrischen Methode ist es nunmehr möglich, die Fragestellungen neu zu bewerten. Der Artikel legt die Ergebnisse einer 2010 und 2011 in der Kathedrale von Bourges durchgeführten Bauforschungskampagne vor, in Verbindung mit einer chemischen Analyse von 70 Eisenproben und 58 Bleiversiegelungen. Die ins Mauerwerk eingesetzten Eisenarmaturen und ihre chemische Zusammensetzung zeigen, dass die Zuganker in Höhe des Triforiums der Kathedrale gleichzeitig mit dessen Errichtung eingebaut wurden. Allerdings waren sie ursprünglich nicht vorgesehen : sie wurden erst während der Bauarbeiten eingesetzt, um die am noch unvollendeten Bau beobachteten Schäden zu beseitigen. Aufgrund dieser Ergebnisse kann die Stellung der Kathedrale von Bourges als Meilenstein in der Geschichte der Verwendung von Eisen in der gotischen Baukunst neu definiert werden und die Entwicklung des Know-how der mittelalterlichen Bauleute zu Beginn des 13. Jhs., die ständig mit dem neuen, ins Mauerwerk integrierten Baumaterial experimentierten, findet so eine neue Bewertung.

Die Westportale der Kathedrale Saint-Gatien von Tours und die Entdeckung ihres Skulpturenschmucks, von Jean-Marie Guillouët

Die Portale der Kathedrale Saint-Gatien von Tours wurden ab den 1430er Jahren als Abschluss des im Rayonnantstil erbauten Langhauses errichtet und gelten allgemein als stark verändert aufgrund des Vandalismus der Revolutionäre und des Eifers der Restauratoren des 19. Jahrhunderts, sodass es heute nicht mehr möglich wäre, ihre ursprüngliche Anlage ikonographisch und stilistisch zu rekonstruieren. Die systematische Durchforstung der Dokumentation der ab 1842 tief eingreifenden Restaurierungskampagnen wie zum Beispiel die Analysen der epigraphischen Reste auf den Portalbögen ermöglichen jedoch mit einiger Sicherheit ihr genaues ikonographisches Programm zu rekonstruieren, das dem hohen Anspruch des Baues entsprach. Vor allem sind aber elf bisher im Depot der „chambre des métaux“ unbeachtet gebliebene Gipsfiguren, die sich als höchst interessant erwiesen haben. Nähere Untersuchungen haben nämlich gezeigt, dass es sich dabei um von Gustave Guérin angefertigte Gipsabgüsse der originalen Portalfiguren handelt, bevor diese ausgetauscht wurden. Obwohl der Skulpturenschmuck der Portalbögen von Saint Gatien sich über eine Kopie gefiltert offenbart, entgeht er doch der Vergessenheit und muss mit der gleichzeitigen Baustelle in Nantes in Verbindung gebracht werden. Beide Bauwerke bilden im 15. Jahrhundert zwei herausragende Zentren jenes kohärenten Kunst- und Kulturraums, der in der Königsdomäne und dessen Umland entstanden war, und der dazu berufen war, das Herzstück der als spezifisch französisch angesehenen Kunst der ersten Jahrzehnte des folgenden Jahrhunderts zu werden.

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