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Suppléments du Bulletin monumental

Les suppléments au Bulletin monumental ont été créés en 2006 afin de permettre à des études, trop volumineuses pour être accueillies dans un fascicule de la revue, d’être publiées comme des ouvrages à part entière. La collection compte à ce jour cinq titres :

Jean Mesqui, Le château de Tancarville, 2006.
Jacques Henriet, Saint-Philbert de Tournus. L’abbatiale du XIe siècle, 2008.
Le château et la citadelle de Saumur, sous la direction d’Emmanuel Litoux et Eric Cron, 2010.
Paul Barnoud, Le château de Maulnes, 2011.
Bénédicte Palazzo-Bertholon et Jean-Christophe Vallière (dir.), Archéologie du son. les dispositifs de pots acoustiques dans les édifices anciens, 2012.

    Supplément BM Archéologie du son
    Les dispositifs de pots acoustiques dans les édifices anciens

    Les églises médiévales et modernes conservent parfois dans leurs murs ou dans leurs voûtes des poteries noyées dans la maçonnerie dont seul affleure le col, ouvert sur l’espace intérieur du bâtiment. L’usage de ces poteries architecturales, souvent méconnu, a été parfois mal interprété. Il s’agit en fait de dispositifs de correction acoustique destinés à améliorer la perception de la voix parlée et chantée, non seulement dans les lieux de culte mais dans certains bâtiments civils. Pour les érudits qui en découvrirent l’existence au XIXe siècle, la raison d’être de ces pots a constitué une énigme. Depuis lors, nombre d’entre eux ont disparu à l’occasion de travaux de ravalement ou de restauration, faute d’être perçus comme des vestiges dignes d’intérêt. Cet ouvrage propose un bilan de nos connaissances actuelles et un certain nombre de pistes de recherche. Il est le fruit d’un travail interdisciplinaire mené depuis plusieurs années entre historiens, archéologues, linguistes et acousticiens. Les indications fournies par les textes anciens et les observations résultant de l’étude matérielle des poteries ont ainsi pu être confrontées à des mesures de fréquence, afin de mieux comprendre le phénomène physique et, par là même, mieux apprécier l’effet acoustique des poteries insérées dans les maçonneries de certains édifices. Au-delà de la redécouverte d’une pratique disparue de la mémoire collective depuis deux siècles, c’est la conservation de ces dispositifs qui est en jeu. Textes de A. Boato, G. Boto, P. Carvalho, C. Delomier, V. Desarnaulds, E. Dupuy, C. Ferron, J.-M. Fontaine, S. Grégoire, M. Jurkovic, A. Kottmann, J. Laumonier, S. Moreau, É. Palazzo, B. Palazzo-Bertholon, L. Philippon, J.-D. Polack, D. Prigent, R. Rebeix, Chr. Sapin, T. Turkovic, J.-Chr. Valière.

    Supplément BM Château de Maulnes

    Le château de Maulnes, du projet à la réalisation, une lecture de l’architecture, par Paul Barnoud.
    Construit à partir de 1566, le château de Maulnes est connu par les deux gravures que Jacques Androuet Du Cerceau lui a consacrées dans Les plus excellents bâtiments de France. Le logis adopte la forme d’une tour donjon, précédée de communs et entourée d’une enceinte bastionnée. Si la forme pentagonale de la grande tour peut être rapprochée des tracés de la fortification moderne, son organisation en plan et son programme s’inscrivent dans la continuité de la série des châteaux de chasse royaux issus de Chambord. Les plans dessinés par Du Cerceau sont sensiblement différents de ceux du château tel qu’il a été construit, ils sont l’expression d’un projet. Pour améliorer la distribution et l’éclairement au centre de l’édifice, la répétition de plans identiques d’étage en étage est remise en cause, aboutissant à de surprenantes ruptures dans les descentes de charges. Ainsi le concepteur travaille-t-il successivement à l’amélioration de la distribution intérieure et aux ajustements induits par celle-ci sur l’ordonnance des façades. L’édifice est mis en scène comme une énigme à déchiffrer : le décor évoque une construction antique rustique en pierre jaune sur laquelle serait implanté un château neuf en pierre blanche ; le travail de la pierre de taille est célébré dans une progression allant de la taille rustique à la stéréotomie moderne ; enfin, l’arc de cercle qui est systématiquement utilisé par l’architecte dans le couvrement des baies et dans la mouluration, est assimilé symboliquement à l’arc de Diane, pour affirmer la vocation de ce château tourné vers la forêt et vers la chasse.

    Supplément BM Château de Saumur

    Le château et la citadelle de Saumur. Architectures du pouvoir.

    Quel que soit le point d’où le visiteur découvre le château de Saumur, le monument édifié au sommet du coteau, dans l’écrin de la citadelle protestante, avec la ville et le fleuve royal à ses pieds, crée aujourd’hui encore une très forte impression. Figuré dans toute sa splendeur sur l’enluminure des Très Riches Heures du duc de Berry, Saumur compte parmi ces sites emblématiques qui façonnent les représentations que tout un chacun se fait du château médiéval. L’ouvrage collectif présenté ici est le résultat d’une convergence de recherches et d’une fructueuse collaboration inter-disciplinaire qui ont permis de renouveler en profondeur l’histoire de la construction du château et de la citadelle de Saumur. La mise en évidence des vestiges de l’abbaye des Xe-XIe siècles, la découverte des restes d’une grande tour maîtresse romane, l’édification d’une forteresse philippienne constituent des jalons maintenant mieux cernés. La construction du palais ducal, grand témoin de l’architecture somptuaire des princes des fleurs de lis, illustre la parfaite symbiose unissant vers 1400 l’expression du pouvoir au goût des arts. Deux siècles plus tard, le gouverneur protestant Duplessis-Mornay imprima durablement sa marque en engageant l’impressionnant chantier de la citadelle puis en faisant aménager des appartements de prestige à l’intérieur du château médiéval. Les affectations successives, pénitentiaires, militaires altérèrent progressivement la physionomie du monument mais en assurèrent également la conservation. La publication éclaire d’un jour nouveau l’histoire longue d’une restauration ponctuée de belles découvertes mais également de soubresauts, parmi lesquels l’effondrement du front nord de la citadelle survenu en 2001. La Société Française d’Archéologie est heureuse aujourd’hui de proposer la publication de cet ouvrage composé de synthèses inédites richement documentées et illustrées, rédigées par une dizaine de spécialistes. Textes d’ Éric Cron, Claire Giraud-Labalte, Jean-Yves Hunot, Christine Leduc-Gueye, Emmanuel Litoux, Gabor Mester de Parajd, Jacqueline Mongellaz, Daniel Prigent et Mary Whiteley.

    Supplément BM Saint-Philibert-de-Tournus

    La publication dans le Bulletin monumental, en 1990 et 1992, de deux gros articles de Jacques Henriet consacrés à l’église Saint-Philibert de Tournus a été un événement de premier plan dans la connaissance des débuts de l’art roman en France. La place du chevet de l’abbatiale parmi les grands monuments de l’an mille a été pour la première fois reconnue, au terme d’une critique des sources historiques et d’une étude architecturale menées de manière exemplaire. Au cours du second quart du XIe siècle, la construction de l’avant-nef et la mise en chantier de la nef de Saint-Philibert de Tournus ont marqué un tournant décisif dans les expériences sur le voûtement, avec des solutions dont la beauté et l’audace ont fait la célébrité de l’édifice. Un peu plus de quinze ans après leur publication, ces études n’ont pas pris une ride. À l’occasion du Congrès Archéologique de France qui s’est tenu du 26 au 31 mai 2008 en Saône-et-Loire (Chalonnais, Bresse bourguignonne et Tournugeois), la Société Française d’Archéologie a souhaité mettre ces textes à la portée d’un large public et les rééditer, augmentés par une conférence inédite de l’auteur, mort en 2002, d’une bibliographie mise à jour et d’annexes présentant les découvertes récentes (apports de la dendrochronologie, sondages et fouilles archéologiques avec notamment la redécouverte des mosaïques du déambulatoire à l’occasion des restaurations de 2000-2002). Cet ouvrage de référence constitue le second numéro des Suppléments au Bulletin monumental, collection initiée en 2006.